partage

Histoire de l’Humanité : Commémoration du 75e anniversaire de la rafle des juifs de Tunis du 9 Décembre 1942

Dans le cadre de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle des juifs de Tunis par les S.S. allemands, le 9 Décembre 1942, le laboratoire de recherche sur le Patrimoine (Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l'Université de Manouba), organise une rencontre à l'auditorium de l'Institut Français de Tunis (20-22 Avenue de Paris, Tunis), le vendredi 15 Décembre 2017, à 16h00, lors de laquelle sera projeté le film de Karin Albou, ''Le Chant des Mariés'', (en présence de la réalisatrice).

La projection sera précédée par un rappel historique, dont voici un aperçu tiré

Ci-après un aperçu sur les conditions des juifs raflés en Tunisie par les SS allemands :

(SS Walter Rauff)

Hitler avait envoyé à Tunis, le SS Walter Rauff, « Chargé en 1941 du programme technique d’extermination des Juifs par des camions à gaz. Il y a eu plusieurs centaines de milliers de morts par ce moyen de mise à mort. C’est un spécialiste de la mise à mort des Juifs », précise l’historien Serge Klarsfeld. Ayant fui en Amérique latine après la guerre, jamais jugé, Rauff meurt le 14 mai 1984 au Chili. Serge et Beate Klarsfeld n’ont pas obtenu son extradition.

Revenons à la Tunisie lors du conflit mondial. Le 8 décembre 1942, Rauff exige des dirigeants de la communauté Juive « 3 000 hommes munis de pelles, de pioches et de vivres pour le lendemain, 8 h ». Officier de la Légion d’honneur, Maurice Borgel, président de cette communauté, proteste. Agenouillé, ce septuagénaire est cravaché violemment par Rauff.

Au matin du 9 décembre 1942, faute de réunir les 3 000 personnes, les Allemands raflent des Juifs à Tunis.

« Afin d’arrêter la rafle, la communauté accepte de prendre en charge le recrutement et fait coller des affiches en appelant les Juifs de 17 à 50 ans à se présenter. C’est la mobilisation générale », observe Claude Nataf. Lieu de réunion : l’école de l’AIU de Tunis. Destination : des camps de « travaux de terrassement et de défense du pays ». Des camps brièvement évoqués dans Le Maghreb sous la croix gammée, documentaire de Bill Cran et Karin Davison.

« Entre le 9 décembre 1942 et début janvier 1943, 5 500 jeunes Juifs partiront vers ces camps de travail. Le pire était celui de Bizerte gardé par des SS. C’était le camp où il y a eu les plus grandes violences commises contre les Juifs, et plusieurs Juifs ont été fusillés par les Allemands sous prétexte de prétendues tentatives d’évasion », rappelle Claude Nataf.

A Bizerte, ces jeunes Juifs rejoignent la caserne Philebert. Dans les chambrées : uniquement de la paille. Le travail ? « Creuser des tranchées, combler les trous de bombes, décharger les camions de munitions ». Et ce, sous les bombardements quotidiens des Alliés. En cinq mois, nombre de ces Juifs perdent 20 kg.

Les travailleurs Juifs sont contraints de porter une étoile sur le poitrine et dans le dos pour mieux les repérer en cas de tentatives de fuites. Selon Claude Nataf, « cette mesure est rapidement tombée en désuétude dans presque tous les camps. En revanche, tous les Juifs du Sahel ont été obligés de porter l’étoile jaune, y compris les bébés ». Pour Léon Masliah, alors âgé de huit ans, ce port était « presque un signe de fierté. Je ne pense pas que mes parents partageaient ce point de vue parce qu’ils savaient de quoi on parlait ».

A.C.